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  2019

 7ème édition du salon 

 

 

Encore des nouveautés pour cette 7ème édition

avec des produits venus de Corse, de l'huile d'olive,

des nouveaux producteurs vinicoles, etc...

 

Cette année, le salon a reçu plus de 1000 visiteurs  !!!

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Comme depuis le tout début il y a 7 ans ...

 

Qualité,  Convivialité et Partage !

 

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Une saison qui se termine à nouveau ...

 

Pas de Balade gourmande cette année

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Passez de bonnes vacances estivales

et venez nombreux fêter la prochaine saison avec nous

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Mets/Vins

  • Une légende tenace prétend qu'il existe presque autant de paellas que de cuisinières espagnoles. C'est évidemment complètement faux. Il n'y en a qu'une seule authentique : c'est la poêle épaisse et profonde, dépourvue de manche mais dotée de deux poignées diamétralement opposées, dans laquelle on prépare traditionnellement un riz safrané à l'huile d'olive. À cette base triptyque invariable, on peut ensuite adjoindre une infinie variété d'ingrédients selon les disponibilités de l'endroit : haricots verts, petits pois, poulet, lapin, moules, langoustines, voire calamar et même homard. Et, comme souvent (voir le tian, la marmite, le tajine...), l'ustensile a donné son nom à la préparation. Probablement née à Valence dans des temps immémoriaux, la recette initiale s'est peu à peu enrichie au fur et à mesure qu'elle régalait tout le pays, et a même traversé l'océan pour se faire jambalaya à La Nouvelle-Orléans. Dernière précision : contrairement aux risottos de mon enfance, qui ne s'accommodent que de riz rond, la paella réclame du riz long.

    On imagine bien que le choix de la garniture aura une influence déterminante sur celui des vins. Pourtant, dans tous les cas, on évitera les rouges : les tannins pénaliseraient le plat auquel il manquerait alors une certaine extravagance aromatique. En revanche, on notera que l'encre de seiche, parfois utilisée pour colorer le plat de manière originale, n'a aucune incidence aromatique.Le problème étant ainsi posé, j'irai évidemment vers des vins blancs. À Pessac-Léognan, entre Bordeaux et Sauternes, quelques grands crus classés produisent simultanément des rouges et des blancs de belle lignée. Je pense notamment au Château Smith Haut-Lafitte, dont les productions ne cessent de progresser. Un peu exotique au nez, avec un bouquet exubérant (ananas, orange, pomme verte), il propose en bouche une vraie densité, avec beaucoup de rondeur et de vivacité. On le choisira évidemment jeune (2 à 3 ans) afin d'en préserver le fruit.

    Plus au sud, dans la région de Barcelone, le Domaine Marqués de Alella bénéficie d'un microclimat (faible pluviosité, ensoleillement généreux) et de sols granitiques qui donnent une personnalité bien spécifique aux vins produits. Cultivé et vendangé avec un soin extrême, le raisin est ensuite vinifié selon les procédés les plus modernes, ce qui favorise l'éclosion d'un bouquet extrêmement expressif (thym, poire, safran), et, en bouche, une construction dans laquelle la puissance le dispute à l'onctuosité, avec des notes salines et une puissance enrichie par l'alcool. Toujours en Catalogne, la cuvée Viña Sol de Miguel Torres est l’accord le plus classique quand on se trouve sur une terrasse espagnole…

    Ma sélection

    Découvrez notreoutil d'accords mets/vins. Choisissez votre menu, il vous conseille le vin qui va avec

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  • La cuisson en brochettes grillées est probablement l'une des premières qu'ait inventée l'homme préhistorique : simplissime, elle convient parfaitement à la plupart des aliments. Les variations sont si nombreuses qu'il a fallu leur trouver des noms pour les différencier : chachlik en Géorgie (des cubes de gigot de mouton rassis et marinés dans une vinaigrette aromatisée), kebab en Turquie (toujours de la viande, généralement du mouton, qu'on peut griller ou rôtir), attereau lorsqu'il s'agit d'abats panés à l'anglaise et plongés dans la friture... Une simple brochette de poisson convient particulièrement bien aux repas d'été, qu'on choisisse le barbecue, le gril de table japonais (hibachi) ou celui du four. On préférera évidemment pour cela des poissons point trop délicats, tant par leur texture que par leur goût : ce mode de cuisson est quand même relativement "brutal", et les saveurs de grillé qu'il engendre deviennent rapidement dominantes. Le bar, la seiche et les gambas se prêteront bien au jeu. Quelques dés de légumes alternés (poivron, tomate, oignon...) apporteront des nuances végétales, de l'huile d'olive, dont on n'oubliera pas de badigeonner la brochette avant cuisson, tiendra aussi son rôle dans le concert final. Pour une fois, le principe se vérifie : du vin blanc avec le poisson, le rouge n'ayant vraiment pas sa place ici. Mais pourquoi ne pas tenter un rosé ? Sa simplicité conviendra à merveille à celle de la recette, conviviale à souhait. Et tant qu'à en choisir un, autant le prendre en Provence. Je songe immédiatemment au Domaine de l'Angueiroun (Bormes-les-Mimosas), où Eric Dumon produit une cuvée magnifique à base de grenache, de mourvèdre, de cinsault et de tibouren. Remarquable par sa teinte rose intense et sa limpidité brillante, il se caractérise aussi par son bouquet primaire, à la fois fruité et floral, avec des notes de rose, de framboise et de violette. En bouche, il est tout en légèreté, avec une rondeur équilibrée par la fraîcheur. On tient là un mariage éclatant dans sa simplicité. A quelques kilomètres de là, à La Londe-Les Maures, le Château Les Valentines vinifie et commercialise depuis une quinzaine d'années la vendange autrefois apportée à la coopérative. La cuvée Virginie propose une robe rose pâle, un nez à la fois floral et fruité (fraise des bois, framboise, pastèque), avec des touches d'épices. La bouche est désaltérante, chaleureuse, avec une finale saline et fruitée qui s'accordera à merveille avec le poisson et sa garniture légumière ensoleillée. A Palette, près d'Aix-en-Provence, la Château Crémade sera un vrai rival de ces deux-là avec son bouquet fruité et sa bouche au gras généreux.

    La sélection d'Enrico Bernardo

    Domaine de l'Angueiroun : www.angueiroun.frChâteau Les Valentines : www.lesvalentines.comChâteau Crémade : www.chateaucremade.com

    Enrico Bernardo, Meilleur Sommelier du monde 2004 et le propriétaire du restaurant Il Vino à Paris.

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  • Originaire de Chine, la pêche aurait été introduite en Europe par Alexandre le Grand. De la mi-juin à la fin de septembre, les variétés se succèdent sur nos marchés: grosse jaune plutôt sucrée et assez robuste, ou petite blanche plutôt parfumée mais beaucoup plus fragile. Sa richesse aromatique, d’autant plus élégante qu’elle est à bonne maturité, lui permet presque toutes les audaces : nature, cuisinée ou accommodée en dessert sucré. Encore un "truc": sauf à croquer dans la pêche sous l’arbre lui-même ou en revenant du marché, le fruit se consomme de préférence pelé. Ce qui n’est pas très compliqué: il suffit de le plonger 30 secondes dans une eau quasi bouillante, puis de le passer sous le robinet ; la peau se détache alors d’elle-même (valable aussi avec les tomates, autre produit d’été). Pour une dégustation "nature", ou pochée dans un vin blanc aux épices, je vois bien un pinot gris alsacien de type vendanges tardives, très dense et parfumé. Le Domaine Christian et Véronique Hebinger sera ici parfaitement à sa place, avec son nez fruité et épicé qui évoque le raisin sec de Corinthe et le miel d’acacia, la réglisse et le coing. La bouche, très élégante et équilibrée, s’exprime à la fois par la puissance et l’onctuosité.

    Si le fruit est présenté en salade additionnée de menthe fraîche – mariage très raffiné – je préférerai un jurançon de même type, et très jeune lui aussi pour privilégier fraîcheur et fruité. Il existe sur cette terre de Béarn un vignoble à la destinée extraordinaire. Devenue veuve en 1987, Yvonne Hégoburu, alors âgée de 60 ans, décide en hommage à son mari défunt de faire du petit vignoble familial (6,5 ha) le premier de son appellation. Arrachage, replantation de cépages locaux, restructuration, adoption d’emblée de la viticulture bio, puis de la biodynamie, elle tient son pari en deux décennies ! Aujourd’hui, sa cuvée Kattalin est reconnue comme l’un des plus grands moelleux de France, et donc du monde. Le nez est incroyablement riche et complexe avec des notes de fruits jaunes, d’agrumes confits, de fruits exotiques, d’ananas. En bouche, une fantastique pureté, avec de la fraîcheur, de l’onctuosité, et une petite note acidulée qui vient réveiller le rêve. Un très beau vin, auquel il faudra des pêches parfaites.

    Préparé en dessert plus ou moins pâtissier, tarte par exemple, le mariage demandera plus de nuances car la construction de saveurs se complique. Là, j’irai plutôt vers un vin de Loire à base de chenin blanc, un coteaux-de-l’aubance du Château Princé : sa douceur n’est jamais doucereuse, et il possède assez de souplesse pour résister sans s’opposer

    MA SÉLECTION

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  • Fruit ou légume, la tomate ? Les deux, suis-je tenté de répondre. Du point de vue botanique, c'est incontestablement un fruit. Du point de vue culinaire, c'est un légume, aussi peu sucré que tous les autres. Si on veut bien remettre à leur place - parmi les féculents - la pomme de terre et la patate douce, la tomate est même le légume le plus consommé dans le monde. En Italie, où elle fait partie de leur culture, certaines variétés locales bénéficient d'une IGP (indication géographique protégée) comme la tomate Pachino ou la San Marzano dell'Agro Sarnese-Nocerino. En France, il a longtemps fallu se contenter de variétés insipides. Heureusement, des agriculteurs se sont acharnés à faire renaître d'anciennes variétés très goûteuses comme la "coeur de boeuf" ou la "noire de Crimée".

    La mozzarella, quant à elle, est victime de son succès. La plus savoureuse, la mozzarella di bufala campana, est fabriquée avec du lait de bufflonne et protégée elle aussi par une AOP. Mais, à moins de s'adresser à un fromager, la plupart des productions qu'on trouve en France sont faites de lait de vache et paraissent alors bien fades. À partir de cela, rien de plus facile que de réaliser une salade caprese, puisque c'est ainsi qu'on l'appelle en Italie. Il y faudra donc de très bonnes tomates dont on aura soigneusement ôté la peau (il suffit de les ébouillanter 30 secondes) et qu'on découpera ensuite en quartiers, d'une vraie mozzarella di bufala aussi fraîche que possible, de quelques feuilles de basilic frais, lui aussi, et d'une très bonne huile d'olive. Ainsi assemblée, cette salade est un exemple d'équilibre : l'acidité de la tomate s'oppose au gras de la mozzarella, et l'ensemble est enrichi par l'intensité aromatique du basilic. Plat d'été emblématique, il lui faut des vins d'été, blancs parfumés ou rosés fruités.

    En appellation Coteaux-du-languedoc, le très réputéMas Jullien produit un excellent rosé, assemblage de grenache et de cinsault dominant. Le nez est fruité, floral et épicé, la bouche est chaleureuse grâce à l'alcool, qui compensera l'acidité des tomates, et avec suffisamment de fraîcheur pour contrer le gras de la mozzarella. Dans la même appellation, le rosé du Prieuré Saint Jean de Bébian est élaboré avec 60 % de cinsault et 40 % de grenache. Le bouquet est intense, avec des notes iodées, la bouche est ronde et vive. En Italie, je vous conseille très volontiers un vin blanc du Frioul, celui que le domaine Vie di Romans produit à partir du cépage sauvignon. Aromatique, il rejoint les parfums du basilic et de la tomate, et sa bouche est fraîche et florale.

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  • Sa réputation de poisson gras n'est pas usurpée. Car, si les bancs se rapprochent des côtes (Méditerranée, Atlantique, Manche) au printemps et en été pour frayer et pondre, la sardine passe l'hiver dans des eaux très froides, entre 500 et 600 m de profondeur. Et se protège alors d'une épaisse couche de graisse. Mais de « bonne » graisse, riche en oméga 3 excellent pour le coeur de l'homme et ses vaisseaux. Si bien que tous les nutritionnistes préconisent aujourd'hui sa consommation, quel que soit le mode de préparation.

    La sardine a surtout pour vocation d'être grillée entière sur un barbecue. Mais l'opération génère des odeurs fortes particulièrement désagréables pour le voisinage. Or il existe un moyen - trop méconnu - de réduire fortement cet inconvénient : il suffit de frotter d'abord les poissons avec des feuilles de laurier, puis de verser sur les braises quelques gouttes de vinaigre aromatisé au thym et au romarin.

    C'est donc un plat d'été aux saveurs affirmées, avec une texture tendre, du gras, de l'iode, du salé et une finale un peu amère. En bouche, le goût persistant devient assez vite écoeurant. Il faudra lui opposer des vins de soleil, blancs, rosés ou rouges, mais toujours assez affirmés pour tenir tête à ce plat exubérant.

    Le blanc, je vais aller le chercher en Roussillon, à Baixas, au Domaine Brial. Sa cuvée Château Les Pins, un Côtes-du-Roussillon fait de grenache blanc, de malvoisie et de roussanne, est un pur bonheur. Au nez, des notes de garrigue, de thym, d'ananas, de camomille... En bouche, une bonne puissance en alcool avec une finale un peu mentholée.

    Pour un rosé, je resterai dans la même appellation, et je pousserai jusqu'à Cases-de-Pène, au Château de Jau (qui abrite un splendide espace d'art contemporain, à visiter absolument). Les vins que produit ici la famille Dauré dans les trois couleurs sont superbes, et j'ai un faible pour ce rosé de syrah et de grenache noir. Au nez, c'est une explosion de fruits rouges et noirs (fraise, cassis, et même violette), en bouche, il y a de la puissance, suffisamment de rondeur pour contrer le côté salé des sardines et une finale d'une belle longueur.

    Pour trouver un rouge, j'ai franchi les Pyrénées, et je suis allé à Girone, sur la Costa Brava, au Domaine Oliver Conti. En 1991, deux frères ont décidé de créer là de toutes pièces un domaine viticole qui comprend aujourd'hui 11 hectares. Le rouge qu'ils produisent là, consacré par une DO (l'équivalent de nos AOC), se révèle au nez exubérant et flatteur, avec des notes de tomate et de cerise, des arômes poivrés. En bouche, une belle puissance en alcool et beaucoup de rondeur.

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    Château Les Pins : www.dom-brial.com

    Château de Jau : www.chateaudejau.com

    Domaine Oliver Conti : www.oliverconti.com

    Enrico Bernardo, Meilleur Sommelier du monde 2004 et le propriétaire du restaurant Il Vino à Paris

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  • "Cerisiers roses et pommiers blancs", chantait André Claveau en 1950... pour la commodité de la rime. Quelques années plus tard, Gilbert Bécaud devait heureusement rétablir la vérité : "Les cerisiers sont blancs, les oiseaux sont contents, revoilà le printemps...". De la mi-mai à la mi-juillet en effet, les vergers devenus immaculés voient ployer les branches des cerisiers. De la burlat douce et rouge foncé à la griotte plutôt acide et presque noire, en passant par la Napoléon jaune pâle et la Montmorency vermillon, les différentes variétés n'ont qu'un seul point commun : elles se congèlent plutôt bien, nature, équeutées et non dénoyautées, voire recouvertes d'un sirop de sucre. Pour le reste, les variations sont quasi infinies : salade de fruits frais, tartes, flans, clafoutis évidemment, soufflés, confites, à la liqueur, et même en condiment accompagnant le gibier et le canard... Sa chair toujours ferme, parfumée, goûteuse, propose généralement un bel équilibre entre sucrosité, amertume et vivacité. Pour cela justement, j'écarte résolument tous les blancs issus de vendanges tardives, bien mieux adaptés aux agrumes et aux fruits exotiques : ici, ils pourraient apporter une légère note oxydative désagréable en fin de bouche. Et j'irais plutôt vers ces vins mutés qu'on élabore en Roussillon et dans la Vallée du Rhône. Par exemple un maurydu domaine Pouderoux : au nez des arômes de cacao et de cerise noire avec une pointe mentholée ; en bouche, beaucoup de richesse en sucre, mais une structure en alcool très intégrée et bien équilibrée, et surtout une souplesse très agréable.Autre choix très recommandable, le rasteau du domaine de La Soumade, surtout si les cerises entrent dans la composition d'un gâteau (au chocolat notamment). Toujours rouge, sa force et sa richesse accompagneront idéalement la saveur persistante de la tarte, sa puissance s'opposera au sucre et au gras tout en soulignant les saveurs fruitées de la cerise.

    Ma sélection

    Domaine Pouderoux : domainepouderoux.fr Domaine La Soumade : domainelasoumade.over-blog.com

    Enrico Bernardo, Meilleur Sommelier du monde 2004 et le propriétaire du restaurant Il Vino à Paris

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  • Les gourmets européens n’imaginent pas tout ce qu’ils doivent à mon compatriote Marco Polo, marchand vénitien parti à la fin du XIIIe siècle au service de l’empereur de Chine. Il en aurait rapporté les pâtes alimentaires et surtout la technique des sorbets, copie conforme de celle inventée au Maghreb bien avant notre ère : de l’eau et du salpêtre ruisselant sur le récipient à glacer. Plus tard, aux États-Unis, on imagina d’enterrer la glace hivernale des lacs gelés pour agrémenter la table le reste de l’année. Puis vinrent les congélateurs… Il faut distinguer les sorbets des crèmes glacées : les premiers sont faits de sirop de sucre et de pulpe de fruit (ou d’arômes), tandis que les secondes sont élaborées à partir de lait ou de crème, et de jaunes d’oeuf. Le froid anesthésie les papilles comme il endort les arômes du vin. Pour les desserts glacés, le problème n’est qu’apparent : dans la bouche, l’écart de température avec le vin n’est pas plus important qu’avec un plat chaud, même si le rapport est inversé. Au palais, l’intensité gustative sera donc diminuée, mais on aura du gras et du sucré. C’est cette double sensation qui va décider de l’accord: on choisira donc des blancs vifs… et sucrés.

    Pour accompagner une glace ou un sorbet aux fruits, j’irai volontiers vers un bonnezeaux, une minuscule appellation de la Vallée de la Loire qui produit des liquoreux à base de chenin blanc sur le territoire d’une seule commune, Thouarcé. Mark Angeli, pionnier de la biodynamie, signe là des vins d’une exceptionnelle droiture. Un nez de coing et d’abricot, une bouche douce, fraîche, vive, une persistance gustative qui prolonge la longueur… Un bien joli mariage. Pour une glace au café ou aux fruits secs, ou aux deux, j’irai plutôt chercher en Sicile un vin de Marsala. Notamment la cuvée Fine Dolce du Domaine Florio : la bouche est très sucrée, chaleureuse, le vin est puissant, tout à fait capable de tenir tête à un dessert aux saveurs prononcées. Pour une crème glacée aux fruits exotiques enfin, je remonterai jusqu’à la Hongrie. Au nord-est du pays, le vignoble de Tokaj produit, avec des méthodes de vinification très particulières, des vins plus ou moins sucrés aux saveurs tout aussi extraordinaires. Exilé par amour, le français Samuel Tinon a créé là-bas son propre domaine, et ses vins se classent déjà parmi les meilleurs. Sa cuvée "5 puttonyos" notamment, propose un bouquet très exotique avec des notes de mangue, de papaye, d’ananas rôti. La bouche est moelleuse, d’une grande fraîcheur, et sa vivacité épousera exactement une glace aux saveurs d’ailleurs.

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  • Le melon me semble d'instinct appeler un vin blanc doux. Très appréciée de nos grands-parents, l'alliance avec le porto n'est pas aussi judicieuse qu'il y paraît de prime abord : sauf à tomber par hasard en même temps sur un melon exactement mûr et un porto jeune et déjà complexe, l'un dominera forcément l'autre. En revanche, le mariage melon-jambon cru - sucre contre sel - constitue une entrée très agréable. Et je l'escorterais volontiers d'un blanc demi-sec comme ceux qu'on trouve dans la Vallée de la Loire, du côté de Montlouis ou de Vouvray : leur fruité et leur bouquet légèrement exotique sauront tenir tête à l'intensité aromatiquedu melon. Tandis que le sucre résiduel présent dans les vins épousera naturellement la douceur de l'assiette. Dans cette région-là, j'ai un faible pour les vins que produit François Chidaine en son Clos du Breuil : ses montlouis demi-secs Les Tuffeaux (tout en rondeur) et Clos Habert (tout en saveurs) non seulement s'épanouiront sur le melon, mais de surcroît mettront l'assiette en valeur.

    Si le melon n'arrive qu'au dessert, en salade rafraîchissante, je suis tenté de jouer avec le sucre en allant chercher en Alsace un muscat vendange tardive (VT), dont le fruitéun peu tropical et le moëlleux chaleureux conviendront bien à l'instant des douceurs. Celui-là, j'irai le chercher chez André Ostertag : précurseur obstiné contre vents et marées, perfectionniste jusqu'à l'obsession maniaque, il s'est acharné à extirper la quintessence de son terroir. Notamment à travers son muscat Fronholz : c'est l'équilibre absolu, exactement précis mais point fragile pour autant, solidement tranquille et pourtant aussi fin qu'une lame tout juste affûtée.

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    François Chidaine (clos du Breuil) Domaine André Ostertag

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